• Vincent - Ayurveda Ardèche

S'accepter soi-même, la clé ultime

"S'accepter soi-même, la clé ultime". "La clé ultime de quoi?", demanderez-vous. J'aurais pu écrire: "la clé pour perdre du poids", "la clé de la paix", "la clé pour avoir confiance en soi", "la clé pour réussir dans sa vie professionnelle", "la clé pour attirer l'homme ou la femme de sa vie", etc.

Vous l'aurez compris, "s'accepter soi-même" est la clé de tout! C'est la base.


Pourquoi je ne m'aime pas tel-le que je suis?

Tout commence dans l'enfance.

Rares sont les parents qui acceptent totalement leurs enfants, tels qu'il sont, sans jamais vouloir qu'ils soient autrement. Si je suis honnête, je peux voir qu'en tant que père, il m'arrive de vouloir que ma fille soit moins timide, ou encore qu'elle ne répète pas plusieurs fois la même erreur en apprenant à écrire. Je l'aime de tout mon cœur mais je suis parfois maladroit. Dans le registre des exigences parentales à l'égard de leurs enfants, la palette est large, mais cela revient toujours, d'une manière ou d'une autre, à transmettre ce message: "tel-le que tu es, ça ne va pas".

S'accepter soi-même Anxiété Vouloir changer Vouloir convenir

Nous avons toutes et tous reçu ce message de nos parents, subtilement ou grossièrement, dans la petite enfance.

Inévitablement, nous avons donc tôt ou tard senti que nous n'étions pas parfaits à leurs yeux.

Un objectif s'est alors imposé à nous: être plus, être moins, être mieux que ce que nous sommes. Nous commençons à ne pas nous aimer, à vouloir changer, à vouloir convenir.

Nous sommes alors scindés en deux: ce que je suis vraiment, et ce que je voudrais être.

Cette division crée une tension, l'anxiété, le mal-être. Je ne peux pas être bien là où je suis, tel-le que je suis puisque la croyance "ça ne vas pas comme je suis" est ancrée en moi.

Et "Parce que je ne peux pas m'aimer moi-même tel que je suis, je deviens très vulnérable à l'admiration, à la louange ou, au contraire, à la critique." (1)

Je deviens alors très dépendant des circonstances, du regard des autres.

Apprendre à s'aimer sans conditions

Certain-e-s prennent déjà un coup de chaud en lisant ces mots: "m'aimer inconditionnellement".

C'est la panique à bord, car: "pour être aimé-e, il faut que j'assure!", "pour être aimé-e, il faut que je fasse profil bas!", "pour être aimé-e, il faut que je sois parfait-e!".

Et bien non, ou du moins ça n'est pas ce que toutes les traditions de sagesse du monde entier nous proposent.

Il n'y a absolument aucune condition nécessaire pour s'aimer tel-le qu'on est.

Si le mot "aimer" est trop fort, remplacez-le par "accepter". Si le mot "accepter" ne résonne pas en vous, optez pour "accueillir", ou tout autre mot qui vous correspond.

Pour ma part, je m'appuie toujours sur une logique implacable: Je suis ce que je suis, tel que je suis. Vouloir être autre chose que ce que je suis est un mensonge. J'essaie de créer un monde parallèle. Pourquoi vouloir discuter la vérité, puisqu'elle EST. Alors je m'accueille tel que je suis, sans jugement.

Ayurveda Ardèche - s'accepter soi-même, s'aimer
Amma, incarnation de l'accueil inconditionnel

Attention, je ne dis pas d'accueillir comme étant vraies les pensées négatives sur soi-même qui nous viennent à l'esprit: "tu es bête!", "tu n'es pas assez mince!", "tu es trop faible!". Surtout pas.

Il s'agit de faire la paix avec ce que nous sommes dans l'instant, tout simplement. Cette simplicité est totalement inhabituelle.

Il y a un muscle à exercer chaque jour: celui du non-jugement de soi.

Et un autre à détendre: lâcher prise et accueillir, accepter.

A chaque instant je remplace le jugement par l'accueil. Je me réunifie, plutôt que de me condamner à la division en créant un juge et un accusé en moi-même. Je commence alors à sortir de la moralité, ce qui est bien, ce qui est mal, selon les principes qui se sont construits en moi.


Ni bien, ni mal

Lorsque nous commençons à nous accueillir nous-mêmes avec honnêteté, nous sortons de la moralité habituelle, celle du bien et du mal.

Nous portons tous, en nous, bien des aspects de l'être humain, manifestés à différents moments de notre vie: générosité/avarice, courage/lâcheté, colère/calme, compassion/indifférence, altruisme/égoïsme, douceur/dureté, diplomatie/rudesse, écoute/dédain, etc.

La mentalité ordinaire nous amènerait tout naturellement à distinguer deux liste: celle des qualités et celle des défauts.

Ni bien, ni mal : le jeu de la vie

Or les sages, ou plus simplement les personnes en paix avec elles-mêmes et les autres, nous proposent une approche révolutionnaire: je ne distingue plus de bien et de mal, je sors de la mentalité habituelle. Je m'accepte tel-le que je suis, ici et maintenant.

J'accueille mon courage tout autant que ma lâcheté. J'accueille ma dureté tout autant que ma douceur.

Nous sommes toutes et tous faits de ces paires d'opposés. S'il existe une jauge entre chaque qualité opposée, alors le curseur évolue constamment d'un côté ou d'un autre.

C'est ce dont nous parle la loi du changement, une clé essentielle pour s'accepter soi-même.

La loi du changement

Les textes traditionnels de l'Inde nous disent: "Le monde est en mouvement; et dans ce monde en mouvement, tout est instable, rien ne reste sous la même forme. Il n'y a qu'un mouvement incessant."

Nous grandissons, puis nous vieillissons. Nos cellules se renouvellent. Des rencontres, des lectures, des substances (aliments, café, chocolat, alcool, etc.) influencent notre état d'esprit et notre santé, nos émotions évoluent selon les circonstances à longueur de journée, nos pensées également.

S'accepter soi-même peut difficilement se faire sans accueillir également cette loi de l'univers:

Je suis changement constant.

Ayurveda Ardèche - s'accepter soi-même
Mes curseurs bougent à longueur de journée

A longueur de journée, mon humeur fluctue. Ma capacité de courage prend un coup si mon patron me fait une remarque négative, la dureté en moi devient douceur en songeant que j'ai été trop dur avec une amie ces derniers temps, etc.

Si je suis calme et que je deviens tout à coup en colère parce qu'on me fait une queue de poisson dans un rond-point, c'est le changement. "Oh noooon, j'étais si calme et tranquille!" J'étais calme, certes, mais maintenant je suis en colère. C'est en colère que je m'accueille. Je me réunifie avec moi-même, et déjà je m'apaise, ne serait-ce parce que je n'ajoute pas de l'huile sur le feu en songeant que je devrais être calme. Ma vérité de l'instant est la colère, je l'accueille.

Chaque fois que je bascule du côté que je considère spontanément comme "mauvais", j'apprends à m'accueillir, parce que je suis comme ça sur le moment, c'est indiscutable. Pourquoi me flageller de ce que je suis maintenant? J'apprends à être accueillant et bienveillant envers moi-même, comme auraient pu le faire mes parents avec l'enfant que j'étais s'ils avaient appris à le faire.

Cela m'ouvre peu à peu à une nouvelle possibilité: accueillir l'autre. Imaginez que vous vous soyez accueilli-e pleinement dans votre colère dans l'exemple de la queue de poisson sur le rond-point: s'il m'arrive par mégarde de faire la même chose une autre personne, je serai plus apte à comprendre pourquoi elle est en colère! C'est ainsi que les choses s'apaisent, en soi et au dehors.

Pour sortir de ce bien et ce mal, ce qui se fait et ne se fait pas selon mes principes moraux, l'Ayurveda est un outil précieux.


L'Ayurveda est Accueil

L'Ayurveda aide à s'accepter soi-même sans jugement. Cette science de la vie donne un regard scientifique sur le monde et chaque être humain. Un regard scientifique ouvert et bienveillant. Nous naissons tous avec des caractéristiques différentes, une constitution de naissance: Prakriti, en Ayurveda. Dès la vie intra-utérine, nos particularités biologiques et énergétiques se mettent en place. Notre constitution unique est un mélange de ce qu'on appelle les Doshas: Vata (air et ether), Pitta (feu et eau) et Kapha (eau et terre). Ces Doshas influencent notre corps, notre métabolisme, notre personnalité, nos tendances, notre façon de nous exprimer dans le monde.

Un type Vata est dynamique, adaptable, créatif, parfois instable, dispersé et bavard. Il est physiquement fin et élancé.

Un type Pitta est intelligent, déterminé, agissant, parfois irritable et critique. Physiquement, il est "moyen", ni fin, ni épais, généralement naturellement musclé.

Un type kapha est accueillant, bienveillant, stable, parfois paresseux et possessif. Côté physique, il est bien charpenté, avec une ossature solide et une tendance aux rondeurs.

Il y a bien sûr beaucoup de nuances à apporter à cette description, mais cela permet de comprendre que chaque personne vient au monde avec un bagage unique qui ne dépend pas de sa volonté.

Au même titre, nous ne choisissons pas nos parents (sauf si nous considérons que nous choisissons notre incarnation pour évoluer, mais je ne parle pas de ce niveau ici), notre éducation, nos influences. Ces conditionnements engendrent un être humain tout à fait unique qui ne peut pas être une autre personne que celle qu'elle est à chaque instant.

A partir de là, il devient logique de considérer que s'accepter soi-même, accepter les autres exactement tels qu'ils sont est la manière la plus saine d'aborder l'existence.


Voici un exemple, appuyé sur l'Ayurveda, qui permet de comprendre certaines "injustices de la nature", que nous avons tous entendu exprimées de cette manière: "C'est fou, elle mange ce qu'elle veut, elle ne prend pas un poil de gras!" Les constitutions Vata ou Pitta ont un métabolisme rapide qui permet de garder la ligne sans efforts, du moins tant qu'il n'y a pas de déséquilibres importants.

Les types Kapha ont un métabolisme relativement lent, une ossature large et épaisse, et une musculature adaptée à leur constitution. Ils sont naturellement plus lourds et « charpentés » que d'autres constitutions et vouloir perdre un certain nombre de kilos selon un idéal peut aller à l'encontre de leur nature. D'ailleurs, si ces personnes perdent trop de poids, il s'ensuit une baisse d'immunité.

Si vous êtes de constitution Kapha dominante, chercher à ressembler à une constitution Vata-Pitta reviendrait à refuser votre nature, et ainsi à vous nuire. Cela dit il est tout à fait possible pour les types Kapha en surpoids de mincir; il faut simplement prendre en considération leur nature et l'accepter telle qu'elle est.


Accepter n'est pas se résigner

L'idée de fond, dans l'acte même de l'acceptation de soi, c'est de ne pas vouloir se changer dans l'instant; ne pas se vouloir autrement, ne pas se refuser, sur le moment, même si c'est inconfortable dans un premier temps.

L'acceptation ne signifie pas la résignation. L'acceptation concerne la vérité de l'instant.

L'avenir est libre: il est tout à fait possible de changer ou de s'améliorer dans une compétence ou une autre. L'avenir est ouvert: il est tout à fait sain de vouloir sortir de nos ruminations négatives, de notre irritabilité, de nos peurs, de nos mauvaise habitudes alimentaires. Cela dit il est tout à fait important de faire la différence vouloir changer parce que nous sentons que nous sommes pris par notre mécanicité, notre inconscient et que de ce fait nous faisons parfois du mal à nous-mêmes et aux autres ET vouloir changer pour correspondre à l'idéal que nous nous sommes mentalement construit.

L'action positive et bienveillante s'appuie sur l'acceptation de soi, et non sur le conflit avec soi. Vouloir changer sur une base de conflit revient à entrer dans un combat avec soi-même, droit chemin vers la fatigue, le burn-out.


Attention toutefois: L'acceptation ne revient pas à dire, par exemple: "de toute façon je suis bête, ma mère me l'a toujours dit, je dois l'accepter". Pas du tout. D'abord, rétablissons la vérité: sur le moment, pris-e dans mes peurs de ne pas y arriver, et parce que je préférais jouer que faire mes devoirs, je n'ai pas réussi à faire cet exercice de math. Ma mère en a déduit que j'étais bête et, prises dans ses propres souffrances, elle a induit en moi cette croyance, que j'ai entretenu moi-même par la suite.

Aujourd'hui, rien ne m'empêche d'agir et, si c'est important pour moi, de m'offrir des cours de math pour constater que je suis tout à fait capable de devenir bon-ne dans le domaine, en travaillant un peu.

Ce que j'ai à accepter dans cet exemple, c'est mon passé qui se rejoue au présent: l'impact qu'il a sur moi, c'est à dire le fait de me sentir bête à chaque instant où la vie me met dans une situation qui ressemble à ce passé.

De la même manière, si je considère que je suis en surpoids, rien ne m'empêche de me donner les moyens d'obtenir la silhouette que je souhaiterais avoir, dans la mesure du possible. Mais comme nous l'avons vu plus haut, à partir d'un amour pour soi-même, pas d'un combat mené contre soi-même. J'ai pris du poids, pour telle ou telle raison: je me suis laissé aller, ou j'ai des prédispositions génétiques, ou encore la naissance de mon enfant a entraîné une dépression qui m'a fait cesser toute activité. Voilà la vérité, je n'ai pas pu faire autrement. Je ne me flagelle plus pour ça, j'entre en amitié avec moi-même et j'accepte ce que je suis maintenant. Mais dès aujourd'hui je peux faire un pas et agir dans le sens que je souhaite pour mon bien, pour mon épanouissement.


Vincent Coirié, praticien en Ayurveda, Ayurveda en Ardèche


(1) Dialogue à deux voies – Arnaud Desjardins et Lama Denys Teundroup


Bonus

Voici un texte inspirant sur l'acceptation de soi, par kim McMillen, écrivaine:

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai compris qu'en toutes circonstances,

J'étais à la bonne place, au bon moment.

Et alors, j'ai pu me relaxer.

Aujourd'hui je sais que cela s'appelle…

L'Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n'étaient rien d'autre qu'un signal lorsque je vais à l'encontre de mes convictions. (personnellement, je dirais: "à l'encontre de ma vérité")

Aujourd'hui je sais que cela s'appelle…

L'Authenticité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle…

La Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment.

Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle…

Le Respect.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai commencé à me libérer de tout ce qui n'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.

Au début, ma raison appelait cela de l'égoïsme.

Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle…

L'Amour de soi.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai cessé d'avoir peur du temps libre

Et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les méga-projets du futur.

Aujourd'hui, je fais ce qui est correct, ce que j'aime quand cela me plaît et à mon rythme.

Aujourd'hui, je sais que cela s'appelle…

La Simplicité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai cessé de chercher à avoir toujours raison,

Et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.

Aujourd'hui, j'ai découvert…

L'Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir.

Aujourd'hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.

Aujourd'hui, je vis une seule journée à la fois et cela s'appelle…

La Plénitude.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J'ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.

Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c'est…

Le Savoir vivre.


Kim McMillen


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